dimanche 30 août 2015

Samedi 23 mars 2002 : Col de Richemond – le Grand Colombier.

Arrivés au col de Richemond à 10h20, nous remarquons un jeune chien de chasse qui erre sur la route et présente tous les symptômes d’un chien abandonné.
Lorsque Viviane me quitte, je m’engage vers le sud dans un chemin à découvert qui parcourt une combe. Je me retourne. Le chien m’a suivi de loin. Il se rapproche, s’arrête lorsque je m’arrête, puis petit à petit me rejoint, me double, s’apprivoise et ne me quitte plus. Joueur, il cherche le contact. Lors d’une pause entre deux combes, je partage avec lui mes barres de céréales.
On arpente de concert la combe Billon en un cheminement forestier. La neige encombre encore par moments le chemin, mais je n’utiliserai pas les raquettes aujourd’hui.  Avec mon compagnon, je parcours les pâtures de la combe Merlin. On remonte à 1230 m pour déboucher dans une clairière, au refuge de la Grange d’en haut, fermé.
Viviane et Oscar parviennent à notre rencontre. Les deux chiens se précipitent l’un vers l’autre et se lancent dans une sarabande sur les plaques de neige. On rejoint une route forestière qui traverse le massif, à proximité du col de la Biche.

Nous rejoignons le fourgon au col lui-même, un kilomètre plus haut. Viviane n’a pas osé avancer plus loin, de peur d’être coincée par la neige et la glace.
Et maintenant, que faire du chien ? L’abandonner à nouveau ? Nous le faisons monter dans le camping-car avec Oscar. Démarches à la gendarmerie et chez le maire d’un village voisin où nous le laissons. Dur ! Il m’avait déjà adopté.
On mange dans la nature, à l’intérieur du Boxer. Il fait beau mais le vent est froid. Viviane me ramène ensuite au col.

Je reprends la route à 15h. Je passe aux ruines de la Grange d’en bas, premier lieu d’implantation de la chartreuse d’Arvières. Je remonte alors le vallon d’Arvières jusqu’à la grange de Falavier. J’atteins les ruines de la chartreuse, agréable lieu de pique-nique réaménagé à côté d’un chalet.
Le GR s’attaque alors au flanc ouest des contreforts du Grand Colombier jusqu’au col de Charbemènes (1317 m). Je débouche au col battu par le vent, sur des prairies d’altitude : vue magnifique sur les chaînes enneigées des Alpes.
Le sentier va maintenant gravir une arête étroite et rocheuse. La neige réapparaît. Je monte dans une hêtraie torturée et j’atteins les pelouses du Grand Colombier. Un vent de nord-est souffle avec force. Le sommet est ensoleillé, couvert de plaques de neige. J’arrive à une table d’orientation, à la croix du Colombier (1525 m), promontoire méridional du massif jurassien dans l’Ain. Il me reste à descendre au col, en contrebas, à 1498 m, là où m’attendent calfeutrés Viviane et Oscar à 17h20.

Nous allons passer la nuit sur place. Le vent violent nous confine à l’intérieur du Boxer. Mais nous jouissons d’un panorama  de tout premier ordre sur les Alpes, le Mont Blanc, le lac du Bourget dans la vallée, et en premier plan la montagne du Gros Foug, plissement jurassien mourant sur la rive est du lac.
La tempête s’accentue à la tombée de la nuit. Dur de dormir. Le Boxer tangue comme un navire. Le vent s’engouffre dans les interstices, obligeant Oscar à nous rejoindre sur le lit.

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